Le mois dernier a marqué l'inauguration d'un nouvel effort concerté pour lutter contre l'érosion des droits de la liberté d'expression au Canada. La nouvelle Union pour la liberté d'expression du Canada a officiellement lancé son programme d'action pour la liberté d'expression. site web et l'adhésion est désormais ouverte.
L'année dernière, le célèbre défenseur britannique de la liberté d'expression, Toby Young (aujourd'hui Lord Toby Young), a contacté un groupe d'entre nous au Canada pour savoir si nous serions intéressés par la création d'une organisation partenaire de la Free Speech Union, que lui et ses collègues avaient créée il y a quelque temps dans son pays, et qui a depuis donné naissance à des organisations sœurs dans le monde entier. Australie et Nouvelle-Zélandeentre autres.
Le Royaume-Uni a été témoin d'une terrible érosion des droits à la liberté d'expression, les réglementations relatives aux discours de haine ayant entraîné de nombreuses arrestations et amendes ridicules pour des personnes qui n'ont fait que dénoncer la violence croissante associée aux attaques des fondamentalistes islamiques dans ce pays.
Le 19 février, une femme de 74 ans, Rose Docherty, a été arrêtée et menottée en Écosse pour avoir brandi une pancarte à l'extérieur d'un hôpital pratiquant des avortements, sur laquelle on pouvait lire : "La coercition est un crime : La coercition est un crime, ici pour parler, seulement si vous voulez". Son crime ? Avoir enfreint une loi sur l'"accès sécurisé", pour laquelle elle risque maintenant une amende de 10 000 £ (C$18 600). Un jeune homme de 20 ans a été arrêté lors d'un match de football pour avoir commis un "crime de haine" en criant "Oi, you Chelsea rent boys", ce qui a été considéré par les tribunaux comme une insulte homophobe. Il lui a été interdit d'assister à des matchs de football pendant trois ans. Enfin, deux hommes ont été arrêtés pour avoir brûlé le Coran, l'un d'eux étant accusé d'avoir "causé un harcèlement, une alarme ou une détresse intentionnels aggravés par la race et la religion". S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à deux ans de prison. Même les personnes qui ne sont pas arrêtées font l'objet de visites de police pour des "incidents haineux non criminels". Une chroniqueuse du Daily Telegraph a reçu une visite pour un tweet qu'elle avait envoyé un an plus tôt. La Free Speech Union du Royaume-Uni estime que 65 incidents de ce type se produisent chaque jour au Royaume-Uni.
On aurait pu espérer que le Canada retienne la leçon en observant la pagaille judiciaire qui règne de l'autre côté de l'Atlantique, mais c'est tout le contraire qui s'est produit. Depuis février dernier, le gouvernement actuel tente d'adopter le projet de loi C-63, la proposition de loi sur les préjudices en ligne, qui est morte lorsque le Parlement a été prorogé en janvier. Ce projet est mort lorsque le Parlement a été prorogé en janvier ; à certains égards, il était même pire que son homologue britannique.
Un article dans L'Atlantique a décrit ce projet de loi comme un croisement entre le "crime de pensée" de 1984 de George Orwell et le "précrime" du Minority Report de Philip K. Dick. Le projet de loi interdit les discours "susceptibles de fomenter la détestation ou la diffamation" sur la base de la race, de la religion, du sexe ou d'autres catégories protégées, et donne à la Commission canadienne des droits de l'homme le pouvoir de punir toute personne qui enfreint cette règle. Elle a également rendu passible d'une peine d'emprisonnement à vie quiconque enfreint une loi fédérale d'une manière "motivée par la haine". Pire encore, elle prévoit que, si quelqu'un parvient à persuader un juge provincial qu'il a des "motifs raisonnables" de croire que vous allez prononcer un discours de haine, le juge pourrait exiger vous obliger à vous soumettre à une injonction de "ne pas troubler l'ordre public et d'avoir une bonne conduite". Conditions de cette ordonnance pourrait inclure assignation à résidence et port d'un bracelet électronique.
La Charte canadienne des droits et libertés inclut le droit à la liberté d'expression, mais elle s'est révélée moins solide que le premier amendement de la Constitution des États-Unis. Si nous voulons nous assurer que la liberté d'expression n'est pas davantage érodée dans ce pays, nous devons prendre une position active pour la défendre. C'est pour cette raison que mes collègues et moi-même avons officiellement créé l'Union pour la liberté d'expression du Canada.
J'ai l'honneur d'être le premier président du conseil d'administration, qui comprend Toby Young et les avocats Marko Vesely et Bruce Pardy, ainsi que Lisa Bildy, qui est la première directrice exécutive. Le conseil consultatif comprend des journalistes chevronnés comme Jonathan Kay et des universitaires de renom comme Steven Pinker et Eric Kaufman.
Le syndicat est une organisation non partisane, à but non lucratif, dont le financement provient des cotisations des membres et de dons indépendants. Il exercera des pressions pour faire rejeter les lois contre la liberté d'expression telles que le projet de loi C-63. En outre, il encouragera activement les événements publics et les discussions visant à défendre la liberté d'expression et à fournir des ressources pour aider les autres à comprendre leurs droits et l'impact des violations de la liberté d'expression. Enfin, elle s'efforcera de fournir une assistance juridique aux personnes dont les droits à la liberté d'expression ont été bafoués.
En fin de compte, nous pourrions encourager l'adoption d'une législation protégeant la liberté d'expression malgré les faiblesses de la Constitution canadienne.
J'aimerais qu'une telle organisation ne soit pas nécessaire et j'attends avec impatience le jour où elle sera superflue. Mais en attendant, la vigilance éternelle semble être le prix de la liberté dans ce pays.
Réimpression de l'article National Post



